Résultats de l’enquête 
« Rythmes scolaires – votre avis après 3 ans. »

Introduction

Sachant qu’un des sujets centraux de l’année sera les discussions sur les rythmes scolaires, nous avons voulu très rapidement faire un rapide état des lieux de ce qui a été mis en place, il y a 3 ans.

Attention, ce questionnaire n’est aucunement une volonté de mesurer le rapport de force ou de figer les oppositions. Non ! Comme nous le disions quelques lignes plus haut la FCPE a un positionnement national mais souhaite localement prendre en compte l’ensemble des avis des parents afin de pouvoir trouver les meilleures solutions pour chacun. De plus, avant même de diffuser le questionnaire, nous étions loin d’imaginer ce que pourraient être les résultats. Mais ce n’était pas une fin en soi, plutôt le commencement de quelque chose.

Construction du questionnaire.

Afin d’avoir le maximum de réponses, il fallait un questionnaire court.

Les questions sous forme d’affirmations sur lesquelles la personne doit se situer permet à celle-ci une identification plus rapide et ainsi de donner des réponses plus subjectives. Par contre, il faut faire attention aux conclusions que l’on en fait.

Par exemple, lorsque l’on demande aux parents de se situer à l’affirmation « Je préfère que le temps scolaire soit adapté au besoin de l’enfant même si ça complique mon emploi du temps », il ne faut pas y voir une mesure du dévouement des parents, ce qui rendrait la question très culpabilisante. Mais bien de savoir la marge de manœuvre qu’ont les parents par rapport à leur emploi du temps. En effet, nous pouvons partir du principe que la grande majorité des parents préférerait pouvoir adapter leur emploi du temps en fonction du bien-être de leur enfant, par contre, ceux qui répondent malgré tout l’inverse sont sûrement dans des situations professionnelles qui les empêchent de le faire.

Le questionnaire a donc été construit de façon à coller au plus prêt des préoccupations des parents tout en permettant quand même d’aller chercher des informations plus objectives sur leur vie quotidienne.

Méthodologie.

Une fois construit, nous avons diffusé ce questionnaire :

  • par l’intermédiaire d’un envoi  d’emails que nous fournissent les directeurs d’écoles du Nord (en retirant préalablement les personnes qui s’opposent à la communication de leurs coordonnées).
  • par notre site internet.
  • par notre page Facebook.

Nous avons conscience que nous ne pouvons pas toucher l’ensemble des parents et pour pouvoir tenir compte des résultats il fallait un nombre assez important de réponses et des scores pas trop serrés.

Résultats

Le nombre de participant.

C’est la première bonne surprise de ce questionnaire. En effet, à peine 24h après la diffusion du sondage, ce sont plus de 80 personnes qui avaient déjà répondues. Après presque 3 semaines de diffusion et alors que les réponses arrivent désormais au compte goutte, nous baserons notre analyse des chiffres avec 107 réponses.

La grande majorité des parents répondant ont leur enfant dans les écoles du Nord de la ville, zone géographique qui a fait l’objet d’une campagne d’emailing plus importante.

Résultats sur l’organisation de la semaine.  

Lors du lancement du questionnaire, nous avions une idée assez floue des résultats que nous pourrions obtenir. Pour tout dire, nous pensions même prendre un risque de voir la semaine de 4 jours plébiscitée comme ce fut le cas dans d’autres villes proches qui ont fait rapidement des concertations en fin d’année dernière.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Or, à Bois-Colombes, les résultats ne vont pas dans ce sens. En effet, à l’affirmation « je préfèrerais que mon enfant n’ait plus école le mercredi matin » ce qui revient à soutenir la semaine de 4 jours, c’est près de 65% qui ne sont pas favorables ou pas du tout favorables (voir graphe 1) au retour à 4 jours.

À l’affirmation « Je pense que le rythme actuel fatigue plus mon enfant » alors qu’il s’agissait d’une grande crainte des parents  au moment du changement de rythme et que qu’il s’agit souvent d’un argument avancée par les opposants au passage à 9 demi-journées, il se trouve que la majorité des parents est en désaccord. 62,5 % des parents estiment que le rythme actuel ne fatigue pas particulièrement leur enfant.

Cette question reste d’ailleurs très subjective puisqu’elle est très influencée en fonction du positionnement des parents sur la semaine de 4 jours ou de 9 demi-journées. Les partisans de la semaine à 4 jours sont 98% à trouver que leur enfant est plus fatigué avec les 9 demi-journées alors que 95% des parents favorables aux 9 demi-journées ne trouvent pas leur enfant plus fatigué (cliquez ici pour voir le détail des résultats en fonction de la position des parents).

Concernant l’organisation de la famille, le dispositif actuel semble plutôt bien correspondre aux besoins des parents, ils sont globalement 75% à ne pas avoir eu trop de problèmes d’organisation et 78% trouvent que le périscolaire s’adapte bien à leurs contraintes. Toutefois, on note une différence entre les partisans des 9 demi-journées  qui sont 87% à ne pas avoir eu de difficultés à s’organiser et 87% à trouver que le périscolaire s’adapte bien alors que ceux qui sont favorables aux 4 jours, même s’ils restent  majoritaires, ne sont plus que 52% à ne pas avoir eu de problème d’organisation et 61% à trouver que le périscolaire s’adapte bien à leurs contraintes.

Pour continuer sur les résultats concernant l’organisation des parents, l’item permettant de déterminer le degré de rigidité de l’emploi du temps des parents (voir le paragraphe Construction du questionnaire ci-dessus), il semble que globalement les parents ont la possibilité de faire des efforts pour le bien de leur enfant puisqu’ils sont 69% à privilégier cette option. Là encore, on note une différence entre les partisans des 4 jours qui semblent avoir plus de facilités pour le faire : 77% peuvent privilégier le bien de l’enfant contre 64% pour les partisans des 9 demi-journées.

Différences maternelle/élémentaire.

Un des commentaires entendu assez régulièrement auprès des parents est l’inadaptation des 9 demi-journées à l’école maternelle. Le questionnaire avait donc prévu de différencier les résultats (cliquez ici pour le détail).

Globalement, les tendances restent très largement les mêmes et les résultats ne diffèrent que de quelques points.

Sur le fait d’avoir classe le mercredi matin, les parents semblent plus favorable et trouvent leur enfant moins fatigué lorsque ce dernier est en élémentaire plutôt qu’en maternelle. Par contre, ce sont les parents ayant un enfant en maternelle qui ont eu moins de mal à s’organiser et qui trouvent que le périscolaire s’adapte mieux à leurs contraintes.

Enfin, les parents d’élémentaire semblent un peu moins contraints par leur emploi du temps et imaginent plus facilement s’adapter à la meilleure solution pour les enfants.

Mais une fois de plus, les résultats restent très proches et nous ne pouvons que parler de tendances.

Le contenu des activités/modules actuel.

Concernant le contenu des activités, là encore les parents semblent apprécier ce qui est mis en place actuellement.

La première question qui permet de mesurer l’avis des parents sur la situation actuelle est « Mon enfant aime les activités du péri-scolaire ». 76% des parents considèrent que leur enfant aime ce qui leur est proposé lors des modules ou lors des activités (pour les maternelles). Une fois de plus, à cette question, la différence entre maternelle est élémentaire est toute relative (71% pour les activités de la maternelle contre 79% pour les modules d’élémentaire). Par contre, Lorsque l’on compare les scores en fonction de la préférence des parents à un rythme particulier, les partisans des 9 demi-journées  sont plus de 82% à penser que les activités/modules plaisent à leur enfant contre un peu moins de 62% pour ceux préférant les 4 jours.

Si l’on demande aux parents s’ils trouvent qu’il faudrait des activités/modules mieux structurés, ils sont 65% à estimer que oui. Alors qu’une critique nous revient souvent sur l’absence de module en maternelle, il y a au final très peu de différence de score entre les parents de maternelle et ceux d’élémentaire (66% contre 65%). Ce qui est un peu plus clivant est toujours la distinction partisans 4 jours (75% estiment que oui) et 9 demi-journées (59% estiment que oui).

Des idées d’améliorations. 

Enfin, le questionnaire proposait au vote trois propositions d’améliorations :

  • L’ajout d’horaires de sorties.
  • L’idée de faire participer les parents aux modules.
  • L’intervention d’associations culturelles et/ou sportive dans les modules.

La première idée obtient, sur 5, tout juste la moyenne avec 2,5. Dans les commentaires, plusieurs horaires reviennent plusieurs fois : une sortie échelonné à partir de 17h au lieu de 17h30, semblerait intéresser 8 répondants. Plusieurs autres trouveraient très bien que les enfants puissent manger à la cantine le mercredi midi et ne sortir qu’après. Enfin, certains parents aimeraient bien que les sorties soient possibles jusqu’à 19h, voire 19h30…

La seconde idée fait plutôt un flop : avec 1,6, peu de personnes trouvent cette idée intéressante.

Enfin, c’est la dernière idée qui est plébiscité avec un score de 4,2 sur 5, beaucoup de parents trouveraient une très bonne chose que les associations puissent intervenir sur le temps du périscolaires.

Conclusion. 

Globalement, concernant le questionnaire, même si le mode de passation et la taille de l’échantillon ne sont pas idéaux, ils permettent toutefois de tirer des conclusions. En particulier, même s’il existe une marge d’erreur, les tendances enregistrées dans ce sondage sont suffisamment marquées pour que l’on puisse s’appuyer sur ses résultats.

Alors que dans d’autres villes, les sondages effectués à la hâte afin de revenir rapidement au 4 jours sont souvent allés dans ce sens, les résultats de notre enquête est une preuve que lorsque la réforme des rythmes scolaires a fait l’objet d’un travail de concertation et a été menée de façon constructive, elle est, trois ans après, plébiscitée par les parents. Ces résultats peuvent donc être pris comme un satisfecit des parents envers le travail mené par la municipalité, le corps enseignant et les associations de parents d’élèves qui se sont attachées à faire un travail constructif.

Toutefois, on note un certain clivage persistant dans les positions que manifestent les parents entre les pro-4-jours et les pro-9-demi-journées. En effet, cette distinction est un marqueur plus important dans les réponses des parents que la différence maternelle/élémentaire. Ceci vient sans doute du fait d’une application un peu rigide de la première version de la loi lors du passage au 9 demi-journées. On a d’ailleurs vu des villes saborder la réforme pour des raisons plus politiciennes qu’autre chose, en l’appliquant de façon incohérente. Ce sont ces mêmes villes qui aujourd’hui sont déjà repassées à 4 jours.

Pour Bois-Colombes, la question du retour aux 4 jours reste posée. En effet, le questionnaire réalisé n’avait en aucune manière, comme objectif de déterminer le positionnement de la FCPE et encore moins de proposer un choix à la municipalité. Il avait pour but de mesurer objectivement le positionnement des parents bois-colombiens sur les aménagements qu’il faudrait prévoir pour adapter au mieux le temps scolaires à leurs contraintes. Autrement dit, le choix des 4 jours ou des 9 demi-journées prenant en compte différents critères en lien ou non avec les parents, ce questionnaire devait servir à faire ressortir les éléments sensibles à prendre en compte pour les parents en particulier, si des considérations financières ou politiques amenaient la ville à choisir la solution non majoritaire chez les parents.

À partir de notre sondage, nous pouvons tout de même partir du principe qu’un maintien de la semaine à 9 demi-journées serait plus simple à mettre en place. Les partisans pour la semaine à 4 jours étant moins nombreux mais surtout portant tout de même un regard assez positif sur les activités périscolaires proposées. Toutefois, il sera quand même très important d’aller plus dans le détail pour connaître les éléments ayant rendu l’organisation de l’emploi du temps difficile pour un peu moins de la moitié de ceux-ci afin de pouvoir répondre à leurs difficultés.

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